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"Histoires fantastiques" ("Amazing stories")

"Histoires fantastiques" ("Amazing stories") est une série télévisée fantastique américaine en 45 épisodes de 23 minutes, créée, produite et partiellement réalisée par Steven Spielberg et diffusée entre 1985 et 1987 sur le réseau NBC. En France, la série a été diffusée à partir de 1992 sur Antenne 2, rediffusée sur Série Club, et Sci Fi.
Trois épisodes de la série furent compilés sous forme de film à sketches pour une sortie dans les salles de cinéma européennes : "Papa Momie", "La Mascotte" et "La mauvaise tête". Le long-métrage, intitulé lui aussi "Histoires fantastiques", est sorti dans les salles françaises le 3 juillet 1987.
L'épisode animé de la saison 2, intitulé "Chien de salon", a servi de base à "Family dog", un dessin animé en 10 épisodes diffusé sur CBS en 1993.

Les critiques de Sébastien Miguel

Saison 1

Episode 1 : "Le train fantôme" ("Ghost train")
Episode pilote. Allan Daviau à la photo, John Williams à la musique, Robert Blossom à l’écran. Dans cette miniature, Spielberg synthétise ses thèmes récurrents (en flirtant avec l’autocélébration) : parents aveugles et sourds, réel perméable au merveilleux, auto-citation ("Rencontres du troisième type"). Comme dans bon nombre d'œuvres du cinéaste, seul l'exclu parvient à éveiller l'enfant. Le train, métaphore du cinéma, devient ici (très indirectement) une image de mort. La science de la mise en scène du maître (quelque peu bloquée par un budget serré) est pourtant intacte. Très personnel.

Episode 2 : "La Météorite" ("The main attraction")
Un effroyable adonis narcissique devient un aimant vivant. Teenage movie totalement eigthies, le film prête tout de même à sourire. Certains gags sont brillants (la danse dans la salle de bain, les scientifiques tentant de prendre une photo sans le propriétaire de la chambre devant l'objectif) et d'autres... franchement lourdingues. Très satirique et finalement sympathique... bien que terriblement suranné.

Episode 3 : "Le messager d'Aamo" ("Alamo Jobe")
Idée de départ nulle. Stock shots du film de Wayne, puis raccords avec des décors et figurants de série B. Aucune évolution dramatique, mise en scène médiocre. Aucun intérêt.

Episode 4 : "Papa, momie" ("Mummy Daddy")
Un acteur déguisé en momie fuit un tournage afin de se rendre au chevet de sa femme qui tente d'accoucher. Climat fantastique bien restitué, mais le sketch manque de folie, de rythme et d'humour. Le final, attendu, répond aux pires conventions de la série B... et on n'apprécie guère le regard caricatural et désolant porté sur les rednecks dégénérés. Dommage.

Episode 5 : "La Mascotte" ("The Mission")
Deuxième de la saison 1 réalisé par Steven Spielberg. Presque une heure de métrage, une technique éblouissante (plan séquence d'ouverture de 5 minutes), un recours radical au tournage en studio dégageant une poésie visuelle remarquable, une progression dramatique d'une puissance émotionnelle dévastatrice. Une œuvre indispensable (entre le court métrage de 1968 "Amblin'" et "Empire du soleil") sur les obsessions fantasmagoriques (et une certaine conception de ce que doit être un film hollywoodien) par l'un des plus grands conteurs du cinéma américain. Superbe interprétation de Casey Siemaszko, Kevin Costner et Kiefer Sutherland.

Episode 6 : "L'incroyable vision" ("The amazing falsworth")
Une photo et une mise en scène soignées ne peuvent faire oublier qu'il s'agit d'un médiocre plagiat de "Pronfondo rosso" d'Argento. Le génie visuel et le sadisme en moins.

Episode 7 : "Programme spatial" ("Fine tuning")
Des teenagers ricains parviennent à établir un contact avec des aliens fans de shows TV... Sur un argument qui annonce "Galaxy Quest", une comédie d'une stupidité et d'une mollesse rares. Les visiteurs venus d'une galaxie lointaine sont d'une laideur repoussante. Nul.

Episode 8 : "Mister Magic" ("Mr. Magic")
Malgré une excellente interprétation de Sid Caesar, on s’ennuie ferme devant les adieux d'un magicien raté qui découvre un paquet de cartes magiques.

Episode 9 : "Vacances forcées" ("Guilt trip")
Réalisé avec professionnalisme par Burt Reynolds avec sa femme d'alors, la pulpeuse Loni Anderson. L'abattage de Dom DeLuise est délectable, Charles Durning fait un caméo rigolo en Dieu tout puissant et les gags cyniques fonctionnent très bien. Sans être incroyable, un épisode plutôt plaisant et original.

Episode 10 : "Le zappeur fou" ("Remote control man")
Monstrueuse farce d'une outrance et d'une laideur remarquables. On pense au cinéma italien et notamment aux "Nouveaux monstres" ("I nuovi mostri", 1977, Italie). Une vraie démence anime ce réquisitoire en règle contre la laideur et la bêtise de la télévision. Outrancière interprétation de Sydney Lassick (le rôle d'une vie). La fin atteint une sorte de sommet réjouissant quand l'Incroyable Hulk détruit le salon du héros pendant que K2000 donne des leçons sous le rire crétin d'Arnold et Willie. La morale peut apparaître convenue : eh bien, elle ne l'est pas ! Mieux vaut vivre une existence cauchemardesque entourée de dégénérés agressifs que de passer du temps avec les abrutis issus du poste de télévision !!! Excellent.

Episode 11 : "Nuit de Noël" ("Santa '85")
Réalisé par Phil Joanou. Malgré la présence de Pat Hingle (acteur d’une puissance rare vu chez Kazan, Post ou Eastwood), tout est terriblement prévisible et conventionnel dans cette pochade où le père Noël finit (par erreur) derrière les barreaux.

Episode 12 : "Vanessa" ("Vanessa in the garden")
Unique film de Clint Eastwood à se présenter ouvertement comme un film d’époque. Contrairement à la majorité des autres épisodes, le public visé ne semble pas être celui des teenagers ricains friands de séries B extraterrestres. Sur un scénario de Spielberg lui-même, Eastwood cite Monet, Renoir, et met en scène ce qui pourrait être un conte fantastique de Guy de Maupassant. Le réalisateur d’"Honkytonk man" brasse - à l’aide d’une mise en scène brillante et délicate - certains de ses thèmes de prédilection : la présence écrasante des fantômes du passé, les tourments obsessionnels de l’artiste. Face à un Harvey Keitel remarquable en peintre romantique brisé, Sondra Locke apparaît plus diaphane et fantasmagorique que jamais. Dernière des sept collaborations de Sondra Locke avec Eastwood (ils vécurent 15 ans ensemble), "Vanessa in the garden" peut tout à fait se lire comme le testament cinématographique de leur relation artistique. Superbe.

Episode 13 : "La baby sitter" ("The Sitter")
Sur un postulat éculé (des bambins exécrables font tourner en bourrique de jeunes nounous), "The Sitter" manque de folie (malgré l’apparition finale des Indiens) et se distingue par une incarnation caricaturale de la communauté noire.

Episode 14 : "Le héros malgré lui" ("No day at the beach")
Noir et blanc (très série B sixties) et débarquement intéressant avec un très jeune Charlie Sheen. Mais le twist totalement convenu et les emprunts au superbe "L'enfer est pour les héros" (Don Siegel, 1962) n’apportent pas à grand-chose à cet insignifiant film de propagande. Le coup de la lettre est intégralement pompé sur "The Ox Bow incident".

Episode 15 : "Le dernier verre" ("One for the road")
Le diable s'incarne en vieil alcoolique pour entraîner les habitué d'un bar dans une nuit de cauchemar. Bon casting et belle production. Atmosphère à la Capra, mais gags répétitifs. Au final, on s’ennuie.

Episode 16 : "Le Collectionneur" ("Gather Ye Acorns")
Un troll persécute Luke Skywalker jusqu'à la fin de sa vie. On a aussi Forest Whitaker avec un sublime pull Woody Wood Picker. Dramatiquement nul.

Episode 17 : "Bouh !" ("Boo!")
Des crétins viennent (malgré eux) ennuyer de vieux fantômes bien comme il faut. Bien pensant, consensuel et à la morale douteuse. Gags médiocres et médiocre interprétation.

Episode 18 : "Dorothy and Ben"
Les dernières heures d'un vieillard qui retrouve la vue et accomplit un dernier miracle avant de mourir. Description de l'univers médical guère crédible et une esthétique 80's pénible. Prévisible, de surcroît.

Episode 19 : "Miroir, miroir" ("Mirror, mirror")
Un générique qui défile sur les très Hammeriennes images de John Gilling pour "L'invasion des morts-vivants" ("The plague of the zombies", 1966). Un écrivain stakanoviste (Sam Waterston excellent) de bouquins fantastiques est victime d'hallucinations terrifiantes dès qu'il se regarde dans un miroir. Référence psychanalytique évidente, mise en scène éblouissante, tension et terreur croissante, référence aussi avec le croquemitaine qui ressemble à Vincent Price dans "L'homme au masque de cire", beau personnage de femme jouée par la superbe Helen Shaver. Un chef-d’œuvre magistral de Martin Scorsese.

Episode 20 : "Le cinéma secret" ("Secret cinema")
Bingo. Le plus horrible et le plus affreux à regarder. L’esthétique tonitruante 80's fait un malheur dans cette histoire nulle aux rebondissement minables. Misogyne et presque irregardable. Le sommet de nullité de la saison 1.

Episode 21 : "La moumoute sanguinaire" ("Hell toupee")
Ridicule histoire d'une perruque démoniaque. Mais tout cela est assez bien assumé, et la mécanique scénaristique (paresseuse) n’empêche pas forcement d'y prendre un certain plaisir. Lourd, mais regardable.

Episode 23 : "L'encyclopédie vivante" ("One for the books")
Sujet repris plus tard par "Phénomène" avec Travolta. Mais ici, une histoire qui traîne, une mise en scène molle et l'apparition finale d'une soucoupe volante ridicule. Morale sympa aussi : un passeur de serre-pierre ne peut devenir intelligent qu'avec l'aide des extraterrestres !

Episode 24 : "Le fantôme de Charlie" ("Grandpa's ghost")
Dernier épisode de la saison 1. Film sur la mort même pas fantastique. Étrange, différent, déprimant.