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"Family business"

titre original "Family business"
année de production 1989
réalisation Sidney Lumet
scénario Vincent Patrick, d'après son propre roman
photographie Andrzej Bartkowiak
musique Cy Coleman
interprétation Sean Connery, Dustin Hoffman, Matthew Broderick, Luis Guzmán

La critique de DVDClassik : cliquer ici.

La critique de Didier Koch

"Family business" ne compte pas parmi les films phares de la foisonnante filmographie de Sidney Lumet. Après le très réussi "À bout de course" sorti un an plus tôt, "Family business" apparaît comme une sorte de parenthèse récréative pour Lumet, qui retrouve pour la cinquième et dernière fois Sean Connery, son acteur fétiche.

La transmission héréditaire, qui était déjà au centre de "À bout de course" mais aussi de "Daniel", se trouve ici incarnée par trois générations avec, en tête, Jessie (Sean Connery) le patriarche, voleur et jouisseur intégral, suivi de son fils Vito (Dustin Hoffman), devenu un prospère boucher en réaction à son éducation, et de son petit-fils Adam (Matthew Broderick), brillant étudiant qui hésite à suivre la route toute tracée qui s'ouvre devant lui. Le scénario écrit par Vincent Patrick joue sur la confrontation entre Jessie et Vito, qui règlent leurs comptes via celui qui est à la croisée des chemins.

Immédiatement, une incohérence dans le choix du casting saute aux yeux. En effet, Sean Connery, à peine plus âgé qu'Hoffman, peut difficilement passer pour son père morphologiquement parlant. On comprend dès lors aisément qu'Adam soit beaucoup enclin à suivre le roublard Jessie, qui n'a pas son pareil pour séduire tout ceux et celles qui s'approchent de lui. Cette incohérence semble avoir gêné Dustin Hoffman, visiblement sur la réserve.

Spoiler : Cet imbroglio familial va emmener bien malgré eux les trois hommes sur un projet de casse auquel chacun adhère pour des raisons diamétralement opposées. L'aspect policier du scénario intéresse moyennement Lumet, qui met peu d'entrain à en décrire les contours, s'intéressant plus aux joutes oratoires entre les trois hommes où, grand spécialiste des films de procès, il est nettement plus dans son élément. On sourit souvent notamment grâce à l'abattage de Sean Connery, qui écrase un peu ses deux partenaires.

Le film suit doucement son bonhomme de chemin sans trop de ruptures de tons propres à relancer l'intérêt. Au final, le film se laisse voir, même si l'on ne peut tout de même s'empêcher de penser que le registre de la comédie légère n'était pas celui où Lumet excellait.