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"Equalizer 2"

titre original "The Equalizer 2"
année de production 2018
réalisation Antoine Fuqua
scénario d'après la série télévisée éponyme américaine de Michael Sloan et Richard Lindheim
interprétation Denzel Washington, Bill Pullman, Melissa Leo
épisode précédent "Equalizer", Antoine Fuqua, 2014

La critique de Didier Koch

Si "Equalizer 2" n'est pas l'amorce d'une franchise, cela lui ressemble fortement. Galvanisée par le succès du premier segment inspiré d'une série américaine qui s'était étirée sur quatre saisons et 88 épisodes de 1985 à 1989 sans réel écho en France, toute l'équipe s'est naturellement dévouée pour remettre le couvert. La tentative a été couronnée de succès, le film ayant rapporté trois fois son budget initial.

Deux raisons essentielles à cet engouement : Denzel Washington semble avoir trouvé l'emploi idéal qui convient parfaitement à ce qu'il dégage à l'écran ; idem pour le concept, assez facile à dupliquer, de l'ancien agent du FBI reconverti en bon samaritain vengeur suite à l'assassinat de sa femme, qui a tout pour plaire durablement au public.

L'agent McCall doit cette fois-ci faire le ménage au sein de son ancienne équipe, dont certains membres, suite à sa dislocation, se sont reconvertis en mercenaires sans foi ni loi. L'attrait du film repose essentiellement sur le contraste entre la rage de l'ancien agent redevenant une véritable bête de combat à la limite du super-héros, et la placidité débonnaire du civil, sorte de Saint Vincent de Paul au sein de son quartier, même s'il est mis quelquefois en relief par Fuqua avec une habilité un peu trop voyante, car frisant avec une certaine complaisance. En ces temps eux-mêmes contrastés, parions que nous reverrons Denzel Washington trouer à nouveau la paillasse de ses adversaires en retournant leurs propres armes contre eux-mêmes (spécialité de l'agent McCall directement reprise de la série), juste après avoir conduit une vieille dame à l'hôpital et avant de retourner s'occuper de l'éducation d'un jeune délinquant.

Denzel Washington a certes beaucoup de talent, mais l'on peut se demander si le procédé ne finira pas, à moins que cela n'ait déjà commencé, par tourner en rond. Parions tout de même sur quatre à cinq épisodes avant que le filon ne s'épuise. En attendant, "Equalizer" 1 et 2,  avec les réserves déjà émises dans la critique du premier opus quant au risque de confusion que la violence cartoonesque déployée peut induire, se sont révélés tout à fait distrayants.