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"Danse avec les loups"

Kevin Costner passe derrière la caméra

titre original "Dances with wolves"
année de production 1990
réalisation Kevin Costner
scénario Michael Blake, d'après son propre roman
photographie Dean Semler
musique John Barry
production Kevin Costner
interprétation Kevin Costner, Mary McDonnell, Wes Studi
récompenses • Oscar du meilleur film
• Oscar du meilleur réalisateur
• Oscar du meilleur scénario adapté
• Oscar de la meilleure photographie
• Oscar du meilleur montage
• Oscar du meilleur son
• Oscar de la meilleure musique originale
Ours d'argent pour Kevin Costner au festival de Berlin 1991

La critique de Sébastien Miguel

Vu au cinéma la semaine de sa sortie. Expérience mémorable et impossible, donc, d’être objectif avec ce film.

Un western révisionniste (le genre était déjà moribond en 1990), d’une durée de trois heures avec des dialogues sioux et avec une unique star… Pari terriblement risqué. A l’arrivée : un triomphe mondial, une avalanche de louanges avec prix de toutes sortes.

Costner impose le film face aux financiers, le produit, l’interprète et le réalise. Seule l’entreprise de John Wayne et de son "Alamo" peut être comparée à l’incroyable production de Costner. L’acteur-réalisateur multiplie les scènes de bravoure (le suicide raté, la charge des bisons, la rencontre avec ‘Dressée avec le poing’…). Le film marie, comme par magie, les scènes d’humour et de drame dans un équilibre parfait. Hilarante scène où Dunbar imite un bison !

On est dans un cinéma classique, primitif et puissant. Le scénario de Michael Blake n’est pas sans rappeler "Little big man" (sans l’acide démythificateur de Penn), mais apparaît finalement tout aussi violent que le classique du Nouvel Hollywood.

La plus grande nation du monde s’est élevée sur le cadavre d’une civilisation bafouée et méthodiquement exterminée. Rien de bien nouveau dans le fond, certes, mais jamais Hollywood n’avait su illustrer cette horreur à travers une fresque romanesque d’une telle ampleur, d’une telle méticulosité. "La porte du Diable", "La dernière chasse" étaient des œuvres courageuses et impitoyables, mais Costner choisit une approche documentariste loin de tout folklore, de tout exotisme.

Le moindre rôle est formidablement incarné (étonnante interprétation de Maury Chaykin en militaire fou), et on ne voit pas d’autres acteurs que les merveilleux Mary McDonnell, Wes Studi et bien sûr Graham Greene, inoubliable en ‘Oiseau bondissant’. La photographie éblouissante de Dean Semler capte, dans une avalanche de tableaux grandioses, la majesté toute puissante d’une nature souveraine. La sublime partition de John Barry, ample et romanesque, est une fois encore inoubliable.

Plus qu’une réussite, un miracle constant.

Le montage de 180 minutes distribué en 1990 est une réussite, même si on le compare à la version monumentale de 222 minutes qui contient peu de changement mais une multitude de flottements poétiques que tous les admirateurs apprécieront.


Couverture du Positif de février 1991


Couverture de La revue du cinéma de février 1991