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"D'origine inconnue"

titre original "Of unknown origin"
année de production 1983
réalisation George Pan Cosmatos
interprétation Peter Weller

La critique de Didier Koch

George Pan Cosmatos est un réalisateur grec (quoique né en Italie à Florence) qui fit essentiellement carrière sur le créneau du film d'action et de guerre en particulier. Quelques succès sur des coproductions européennes ("Le pont de Cassandra" en 1976 et "Bons baisers d'Athènes" en 1979) lui ouvrirent les portes d'Hollywood, où il accomplit le reste de sa carrière (6 films) avant de mourir prématurément en 2005. On lui doit notamment la première cauchemardesque suite de "Rambo" qui dénatura complètement le concept initial pourtant brillamment lancé par Ted Kotcheff.

Pour son premier travail outre-Atlantique, il change bizarrement de registre avec l'adaptation d'une nouvelle horrifique de Chauncey G. Parker. Peter Weller y trouve son premier grand rôle avant d'endosser l'armure en Kevlar de RoboCop. Pratiquement seul à l'écran, il incarne un cadre new-yorkais hyperactif et surtout maniaque à l'extrême, qui ne pense qu'à son travail et à la rénovation de sa maison qu'il a accompli entièrement de ses mains.

Sa femme partie rejoindre ses parents pour un court séjour, il se retrouve seul pour monter un projet de fusion qui doit le mener vers le top management de la banque d'investissement où il travaille. Mais une présence étrangère vite identifiée comme étant un énorme rat va venir empoisonner le cadre stressé, dont la nature obsessionnelle se laisse embarquer par cette présence étrangère qui devient très vite l'unique objet de son attention, mettant en péril son projet professionnel.

Cosmastos joue avec nos nerfs, faisant très adroitement monter la tension, le don d'ubiquité de ce rat hors norme nous ramenant immanquablement à nos peurs enfantines. C'est alors un combat à mort qui s'engage entre l'animal traqué et un Peter Weller se métamorphosant à vue d'œil en guerrier moyenâgeux n'hésitant pas à détruire son intérieur cosy à grands coups de massue. De l'homme à la bête, il n'y a qu'un pas, semble nous rappeler Cosmatos, qui nous laisse néanmoins supposer, par le choix d'une fin ouverte, que ce duel ne serait que la transposition métaphorique de la mue douloureuse d'un homme voulant se libérer de ses chaînes.

Avec l'injustement boudé "Tombstone", "D'origine inconnue" est sans aucun doute le meilleur travail de Cosmatos, même si le métrage, manquant un peu de rebondissements n'est pas complètement abouti .