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"Abyss"

When you get there, you will understand.

titre original "The Abyss"
année de production 1989
réalisation James Cameron
scénario James Cameron
musique Alan Silvestri
interprétation Ed Harris, Mary Elizabeth Mastrantonio, Michael Biehn
récompense Oscar des meilleurs effets visuels

La chronique de Gilles Penso : cliquer ici.

Critique extraite du Guide des films de Jean Tulard

Construit sur la même trame qu'"Aliens, le retour" (le commando, dont une femme, qui veut savoir ce qu'est devenu un lieu institutionnel) par le couple Cameron-Hurd, "Abyss" évolue vers la fable bienheureuse avec de gentils E.T. On peut les préférer cruels. Mais il y a 20 minutes d'amour sublime, et c'est assez pour en faire un beau film.

La critique de Sébastien Miguel

Blockbuster souffrant de tous les défauts éternellement liés à ce genre de produit : script de série B (de gentils aliens vivant sous l’eau décident de laisser une chance à l’humanité en découvrant que celle-ci est capable d’aimer !), personnages super caricaturaux (Michael Biehn risible en Navy Seal cinglé et moustachu) et morceaux de bravoure bien musclés (la chute de la grue, la bagarre entre petits submersibles…). On soulignera l’omniprésence des effets spéciaux (Oscar à l’époque et utilisés à des fins poétiques mais totalement dépassés aujourd’hui). On ne dira rien, par contre, des ridicules maquettes de bateaux militaires…

Pourquoi s’agit-il du meilleur film (et de loin !) du réalisateur de "Piranha 2" ?

L’austérité. Comme toujours chez Cameron, la fascination pour la technologie est bien présente, mais le cinéaste laisse le plus souvent la place au silence des profondeurs. Le film oppose les intérieurs minuscules de la station à l’immensité (toujours évoquée mais jamais réellement filmée) des ténèbres immenses entourant les protagonistes. Et puis cette présence, glacée et glaçante, de la mort. L’apparition terrifiante du sous-marin, les noyés à l’intérieur, la présence toujours plus menaçante de la fosse abyssale et le cri déchirant de Mary Elizabeth Mastrantonio au moment de sa mort (bouleversante scène de noyade, peut-être le sommet de la carrière du cinéaste).

Enfin, et surtout, la force de l’histoire d’amour. Comme dans "Indiscrétions" (George Cukor, 1940), un homme cherche à reconquérir la femme aimée. Ed Harris est particulièrement touchant en héros maladroit, courageux et romantique. Superbe idée de garder la main du héros bleue pendant tout le film. L’intelligence et la sensibilité de l’acteur (qui n’a rien d’un Bruce Willis) est presque une attaque envers les héros débiles qui ont pollué toutes les années 80, Cameron étant, d’ailleurs, l’un des responsables de l’épidémie…

Mary Elizabeth Mastrantonio, dont c’est le rôle le plus célèbre, est absolument magnifique. Délicieuse en enquiquineuse, elle atteint une intensité et une vibration dévastatrice dans les scènes plus dramatiques. Sa déclaration d’amour à un homme qui chute inexorablement vers le néant est inoubliable. Derrière la montagne de dollars, les effets spéciaux et les scènes d’action, Cameron - à travers le visage, les expressions et les émotions d’une actrice exceptionnelle - rappelle que le cinéma reste un art délicat et le seul à être capable de saisir les révoltes, les basculements et les frémissements de l’âme humaine.

En ce sens, "Abyss" est certainement le chef-d’œuvre de James Cameron.

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Couverture du Cinefex d'août 1989